Journée mondiale sans voile

Djemila BENHABIB

actualites.sympatico.ca

lundi 14 juillet

Arborer une marguerite, quelle idée originale !

Jeudi dernier, le 10 juillet, au Québec ainsi qu’en France, des femmes ont épinglé à leur corsage une marguerite pour souligner la première édition de la Journée mondiale sans voile, une initiative québécoise.

Ces femmes, qui ne comptent pas rester les bras croisés, considèrent que le voile islamique dans toutes ses variantes – hidjab, tchador, burqa, niqab, khimar, jilbab, et tchadri – renvoie à la même réalité : l’instauration de l’apartheid sexuel.

Rester les bras croisés, jamais de la vie !

Ce comité (site : sansvoile.org) appelle à faire du 10 juillet - jour de l’anniversaire de naissance de Thérèse Casgrain, une figure de proue du mouvement féministe chez nous, qui fut à l’origine du droit de vote des Québécoises en 1940 et la fondatrice de la Fédération des femmes du Québec - une date de résistance symbolique.

Le même jour à Paris, à la Fontaine des Innocents, plusieurs associations de femmes se sont réunies pour dénoncer les pressions religieuses et communautaristes, de plus en plus nombreuses.

« Nous sommes exaspérées d’être importunées sans cesse par des extrémistes religieux au sujet de notre tenue vestimentaire. Elle serait non conforme à leur interprétation du Coran qui rendrait sacré le port du voile qu’ils voudraient nous imposer », peut-on lire dans la déclaration des Femmes sans voile du Collectif d’Aubervilliers. « Le port du voile n’est pas lié à l’islam, il est antérieur de plusieurs millénaires à son avènement. La première mention de son port obligatoire remonte aux lois assyriennes (vers 1000 avant J.C.). La Bible l’évoque dans la Genèse et Saint-Paul l’exige pour les prières. »

- Manifestation à Paris : Journée sans voile

Le voile islamique n’a jamais fait couler autant d’encre et chacun y va de son interprétation.

Allons voir…

Que dit le Coran ?

Parmi les 114 sourates et les 6 236 versets coraniques, deux versets évoquent explicitement le voile, sans qu’aucun châtiment n’y soit associé.

« Ô Prophète ! Dis aux croyantes de baisser les yeux, d’être chastes, de ne montrer que le dehors de leur parure, de rabattre leur voile sur leur gorge, de ne montrer leurs parures qu’à leur mari, leur père, leur beau-père, leurs frères, leurs neveux, leurs servantes, les esclaves et leurs eunuques ou aux impubères. » (XXIV:31)

« Prophète, dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants de se couvrir de leur voile : c’est le meilleur moyen pour elles d’être reconnues et de n’être pas offensées. » (XXXIII:59)

Remarquons que l’obligation de se couvrir les cheveux, par exemple, n’est pas explicite.

Que disent les réformistes ?

L’ancien imam de la mosquée de Marseille, Soheib Bencheikh, un réformiste d’origine algérienne, s’est prononcé contre son port :

« Le voile est une fausse route pour les jeunes filles. Rien dans le Coran ne leur impose d’afficher ainsi leur foi. Le voile conduit trop souvent à des comportements inquiétants, comme le refus de la mixité, de l’égalité des sexes, des cours de biologie ou de sport. », déclare-t-il dans une entrevue au quotidien français Le Parisien en 2004.

Bien avant lui, dès le début du siècle dernier, le Tunisien Tahar Haddad tout autant que l’Égyptien Qasim Amin prônent l’émancipation des femmes. En 1901, Amin publie un livre intitulé La libération de la femme dans lequel il prône l’émancipation féminine et la libéralisation de la famille, critique le port du voile et la claustration des femmes et souligne l’importance de l’éducation et de l’instruction.

En 1923, Hoda Charaoui, qui abandonne le voile, fonde l’Union féministe égyptienne et participe avec deux autres Égyptiennes à un congrès féministe international, à Rome. Leurs revendications sont politiques, juridiques et sociales, telles que le droit à l’instruction, l’interdiction de la polygamie, de l’excision, des mariages précoces et forcés.

Que disent les intégristes ?

Le Centre islamique de Genève, dans son 21e bulletin daté de mai 2002, explique aux musulmanes dans un article intitulé Femme musulmane engagée la ligne de conduite qu’elles doivent tenir, en Occident.

« En dehors du cadre familial, la femme musulmane peut être appelée à intervenir dans sa société, à participer à certaines activités, afin de faire connaître sa religion et prouver sa présence dans son espace géographique. Avant de quitter son domicile, il faut être bien sûr qu’elle a toutes les capacités physiques et intellectuelles lui permettant de relever ce défi. S’engageant sur le terrain, elle doit garder sa particularité et les vertus qui la caractérisent. Le voile, c’est une partie intégrante de sa spiritualité. »

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